Une multitude de courants

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EN MARCHE VERS L'ART MODERNE :

A la fin du XIXe/début XXe siècles s'ouvre une période riche en inventions et en nouveautés. De nombreux groupes, courants ou "écoles" se succèdent, coexistent ou parfois s'affrontent. Les artistes eux-même s'essayent parfois à différents courants au cours de leur carrière.

naissancedevenusp-1.jpgL'ACADEMISME : surnommé "style pompier" par ses detracteurs. Enseigné dans les académies ou écoles des beaux-arts, c'est un art officiel dont on doit respecter les règles. Les thèmes s'inspirent souvent du passé, de la mythologie ou de la Bible. Les toiles sélectionnées selon ces critères sont exposées dans des Salons d'art tout aussi officiels qui assurent la renommée des artistes. Ceux-ci vivent notamment grâce à des commandes de l'Etat. Bien sûrs, les impressionnistes et autres courants jugés "dissidents"en sont écartés et doivent créer leurs propres salons pour pouvoir être exposés, comme le Salon des refusés à Paris. (Voir Thomas Couture, Alexandre Cabanel, Jean-Léon Gerôme, William Bouguereau)

Impression  soleil levant. Claude Monet. 1872-1873. MuséeMarmottan.jpgL'IMPRESSIONNISME : Il tire son nom d'une toile de Claude Monet "Impression Soleil Levant". Les artistes impressionniste n'hésitent pas à sortir des ateliers pour peindre en pleine nature. Les couleurs sont plus claires, les sujets modernes, en rapport avec leur temps. (Voir Camille Pissaro, Claude Monet, Edgar Degas, Auguste Renoir)

Les yeux clos Odilon Redon1890-Musee d'Orsay.jpgLE SYMBOLISME : C'est un mouvement parti de la littérature, avec des écrivains et poètes comme Stéphane Mallarmé ou Charles Baudelaire. Les artistes privilégient l'imagination, le rêve,  puisent parfois leurs thèmes dans une antiquité idéalisée. Ils s'interrogent sur le sens de la vie et le destin de l'Homme. Certains se rapprochent politiquement des ANARCHISTES. (Voir Pierre Puvis de chavannes, Odilon Redon, Georges Lemaire, Gustave Moreau, Lovis Corinth, Arnold Böckin)

LE POINTILLISME OU DIVISIONNISME :cercle-chromatique.png Les artistes s'inspirent des travaux d'Eugène Chevreul sur le cercle chromatique, et établissent le principe qu'une couleur paraît plus intense au voisinage de sa couleur complémentaire (Rouge/vert, Jaune/violet etc.). Ils couvrent leurs toiles de petits points de différentes couleurs que l'oeil humain transforme en image. (Voir Georges Seurat, Paul Signac, Henri-Edmond Cross, Camille Pissaro)

LE SYNTHETISME OU ECOLE DE PONT-AVEN : Fondé par Paul Gauguin qui quitte Paris en 1886 pour s'installer à Pont-Aven en Bretagne. Il veut y trouver des sujets plus primitifs  et s'inspire de l'art populaire breton. La peinture n'imite pas la nature mais en  simplifie les formes. Les couleurs sont moins nuancées : si le feuillage d'un arbre est dominé par le jaune, alors il sera représenté entièrement en jaune sur le tableau.

Le ballon-ou-coin-de-parc-Felix-vallotton1899-Muséed'Orsay.jpgLES NABIS : "nabis" signifie "prophètes" en hébreux. Le groupe est fondé à Paris en 1889 par Paul Sérusier, lui même ex-membre de l'école de Pont-Aven. Les nabis utilisent des couleurs éclatantes, abandonnent la perspective. Leurs oeuvres développent des thèmes religieux, pour beaucoup inspirés des religions orientales. On leur doit aussi des affiches et des programmes de théâtre. (Voir Paul Sérusier, Maurice Denis, Pierre Bonnard, Edouard Vuillard, Paul Ranson, Félix Vallotton).

LES NAÏFS : c'est un art poétique qui laissse la place à l'imaginaire. Les couleurs sont éclatantes, la perspective presque absente. Son chef de file est le Douanier (Henri) Rousseau, un autodidacte, c'est à dire qu'il n'a fait aucune école d'art et s'est formé seul à la peinture. Il n'a jamais voyagé, mais invente des paysages exotiques à partir des illustrations de livres ou de ses visites au jardin des plantes à Paris.(Voir Henri Rousseau dit "Le Douanier Roussseau", Ferdinand Cheval dit "le facteur cheval", Séraphine Louis dite "Séraphine de Senlis", Adolphe-Julien Fouéré, André Demonchy, André Bauchant, Ivan Generalic, Grandma Moses)

LES ARTS DECORATIFS OU L'ART NOUVEAU : "l'art déco" doit son nom à l'exposition internationale des arts décoratifs et industriels qui se tient à Paris en 1925. Son but est de rendre beaux les objets, meubles et immeubles du quotidien. Les motifs floraux, les silhouettes étirées rappellent l'estampe japonaise. Les personnages n'ont qu'un rôle décoratif. Cet art, proche du symbolisme, s'exprime à travers l'architecture, la peinture, l'ébenisterie, la céramique, la joaillerie, l'affiche, etc. Dans l'après-guerre 14-18, des villes ravagées par les bombardements reconstruisent de nombreux immeubles de ce style.(Exemple : Reims).  (Voir Henri de Toulouse-Lautrec, Pierre Bonnard, Emile Gallé, Gustav Klimt, Paco Durio)

LE FAUVISME : Lors du Salon d'Automne, à Paris en 1905, sont présentées des oeuvres aux couleurs éclatantes, aux formes presque abstraites. Un critique qualifie leurs créateurs de "fauves" tant l'emploi de la couleur est presque "sauvage". (Voir Georges Rouault,                   Henri Matisse, André Derain, Maurice de Vlaminck, Raoul Dufy, Albert Marquet, Kees van Dongen, Henri Charles Manguin)

LE GROTESQUE : Des artistes éprouvent le besoin de peindre des thèmes rarement abordés avant eux, car considérés indignes, comme la laideur, le fantasme, le morbide. (Voir Edvard Munch, Henri de Toulouse-Lautrec, James Ensor, Giovanni Segantini, Arnold Böcklin, Walter Sickert)

Le-cri-Edvard Munch.1910  MuséeMunch Oslo.jpgL'EXPRESSIONISME : Il s'est beaucoup développé en Allemagne et en Autriche-Hongrie, dans des pays en crise, en marche vers la première guerre mondiale. L'émotion intense de l'artiste est plus importante que la réalité du modèle, les représentations sont presque torturées. (Voir Ernst Ludwig Kirchner,Vincent Van Gogh, Edvard Munch, Gustav Klimt, Egon Schiele, Oscar Kokoschka, George Grosz)

LE CUBISME : ce mouvement du début du XXe siècle montre un sujet sous plusieurs points de vue simultanés et déforme les volumes dans des peintures et des collages. Le but est de montrer l'objet ou le personnage sous toutes ses faces, tel qu'il est dans la réalité, alors que l'oeil humain, lui, ne peut pas tout percevoir en même temps. (Voir Georges Braque, Pablo Picasso, Lyonel Feininger, Fernand Léger, Jean Metzinger, Robert Delaunay, Juan Gris)

Torso-antoine-pevsner-1924-construction-cuivre-et-plastique-musee-Moma-New-York.jpgLE FUTURISME ou CONSTRUCTIVISME : Ce courant déborde du domaine de la peinture et s'applique aussi au design, à la sculpture, à l'architecture. Implantés en Italie, dans la période qui précède la première guerre mondiale, les futuristes cherchent à exprimer le mouvement et la vitesse. Ils utilisent la photographie et le cinématographe pour étudier la décomposition du mouvement. Leurs idées sont également politiques : le mouvement est aussi une sorte de révolution. Ils rejettent les valeurs du passé et veulent créer un monde nouveau, quitte pour cela à se lancer dans une guerre. Quelques-uns en Italie adhèrent même ensuite au fachisme. (voir Giacomo Balla, Carlo Carrà, Gino Severini, Luigi Russolo, Umberto Boccio)                                                                                                                                                                                             Le concstructivisme ou "cubo-futurisme" est né en Russie. Ce mouvement proclame que l'espace est une construction géométrique et privilègie le cercle, la ligne droite, le rectangle. (Voir Wladimir Tatlin, Kazimir Malevitch, Wassily Kandinsky, Antoine Pevsner )

LE SUPREMATISME : Il naît, vers 1915,des recherches du Russe Kazimir Malevitch. C'est un art totalement abstrait, l'image n'est qu'une surface colorée détachée de toute réalité. Il cherche l'équilibre parfait en utilisant des formes géométriques et des couleurs simples. Deux  oeuvres en particulier font débat, voir scandale : " un carré noir sur fond blanc"et "un carré blanc sur fond blanc". (Voir Kazimir Malevitch, Ivan Vassilievitch Klioune, Eliazar Lissitzky, Piet Mondrian, Mark Rothko, Yves Klein)

DES INVENTIONS NOUVELLES AU SERVICE DE L'ART

 


LE TUBE DE GOUACHE 

Jusqu’à son apparition, chaque artiste devait fabriquer ses couleurs, râpant des pigments, utilisant des produits qu’on
ignorait dangereux, comme l’arsenic. Tout ceci était enfermé dans une multitude de pots, ou de vessies de porc au XIXe siècle, difficiles à transporter. Aussi beaucoup travaillaient-ils à l’abri de leur atelier, au mieux s’inspirant des paysages présents devant leurs fenêtres, ou des indications tirées de carnets de croquis réalisés lors d’une sortie en extérieur.Le tube en métal souple, fait d’étain ou de plomb, fermé hermétiquement à la pince, apparaît en 1841 en Amérique. Il est l’invention du peintre John Goffe Rand. Comme celui-ci n’a déposé aucun brevet en France, la maison LEFRANC reprend son idée vers 1850 tout en l’équipant d’un bouchon à vis. C’est’époque des « marchands de couleurs » qui permettent à de nombreux artistes, comme Eugène Boudin, puis les impressionnistes, de peindre en plein air. Petit à petit, grâce aux progrès de la chimie, la fabrication de peinture s’industrialise, de nouvelles nuances de couleur apparaissent…et le tube devient moins cher ! (Même si des peintres désargentés, comme Van Gogh,continuent de lier leurs couleurs).

 

LE CHEMIN DE FER

A la faveur de la révolution industrielle du XIXe s, le chemin de fer se développe, d’abord pour le transport de produits miniers. Ainsi en France, la première ligne ouvre en 1827 et relie Saint-Etienne et la petite commune d’Andrézieux pour faciliter le transport du charbon. Le réseau français s’étend ensuite progressivement autour de Paris, pour le transport des marchandises et des personnes. Des gares toutes neuves s’implantent dans la capitale. La campagne et la mer, sont désormais à quelques heures de train et de nombreux peintres, principalement impressionnistes,circulent à la recherche de beaux paysages. Certains s’installent même hors de Paris, pour échapper aux loyers excessifs.Quelques uns cherchent à traduire sur la toile l'impression brouillée que donne un paysage observé au travers des vitres d'un train en mouvement.


LA PHOTOGRAPHIE 

En 1839 l'anglais William Herschel produit sa première photo et invente le mot de photographie. Mais avant lui de nombreux chercheurs, comme les français Niepce et Daguerre, contribuent à sa mise au point. Vers 1840 le portrait devient très à la mode : jusque-là réservée aux riches et aux puissants qui s’offraient  leur portrait en peinture. il permet à un plus grand nombre d’avoir une représentation de soi-même. Certains artistes se méfient de cette invention et y voient une concurrence. Mais d’autres deviennent peintres et photographes (Bonnard, Vuillard, Degas, Toulouse-Lautrec, Munch…), utilisant parfois la photographie pour capter un instant, une lumière, un mouvement et les reporter sur la toile. Petit à petit, la photographie devient aussi un ART à part entière.

Comme la photographie suffit à representer la réalité, la peinture, elle, peut désormais devenir ABSTRAITE.

Date de dernière mise à jour : 2012-04-03

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